Affichage des articles dont le libellé est Des livres pour les enfants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Des livres pour les enfants. Afficher tous les articles

13 janvier 2013

Les listes de Wallace


Wallace est comme Matthieu : il adore les listes. Wallace est comme Matthieu : la flexibilité mentale a tendance à lui faire un peu (beaucoup ?!) défaut. Mais Wallace comprend peu à peu que le changement aussi a du bon. Il comprend que la vie peut réserver de belles surprises à travers de belles rencontres. D’ailleurs, comme Matthieu, il prend goût aux voyages…
Oui, à bien des égards Wallace ressemble à Matthieu. Alors il n’y a rien d’étonnant à ce que Matthieu aime Wallace !
Merci à Estelle qui a compris que ce livre était fait pour Matt !
Les listes de Wallace est un album de Barbara Bottner et Gérald Kruglik illustré par Olof Landström, traduit par Rémi Stefani et publié chez Casterman.

6 janvier 2013

Princesse parfaite et Petit Ange parfait


Détails sur le produit

Les parents de jeunes enfants connaissent peut-être cette collection aux délicieuses aquarelles contant les aventures de Zoé (dans la série a priori destinée aux petites filles) ou de Jules (dans la série ciblant plus particulièrement les petits garçons).
La construction de ces albums conçus par Jacques Beaumont, écrits par Fabienne Blanchut et illustrés par Camille Dubois, est simple : sur la page de gauche, Zoé et Jules se comportent mal tandis qu’apparait sur la page de droite la conduite qui devrait être la leur dans la même situation s’ils étaient une « Princesse parfaite » ou « un Petit ange parfait ».
Cela pourrait paraître un brin moralisateur mais notre vie quotidienne y est si bien rendue, les illustrations sont si attrayantes, le texte si bien écrit, qu’on ne peut qu’être charmé par ces albums. Les bons points et le diplôme de l’enfant « parfait » qui figurent à la fin de chaque livre permettent d’utiliser les histoires à des fins éducatives, en faisant usage de renforçateurs positifs pour amener les enfants à améliorer leur comportement. Il y a quelques mois, Agathe avait pris la vilaine habitude de faire de petits mensonges. En 10 jours intensifs de Zoé dit des mensonges, Agathe a cessé de mentir et ce petit travers qui commençait à s’installer n’a pas reparu –heureusement !
Matthieu nous rejoint très rapidement quand il entend que je lis un « Princesse parfaite » à Agathe. Lui-même en fait régulièrement lire l’un ou l’autre à sa sœur pour l’entraîner à la lecture. Le concept lui plaît énormément -et pour cause, des outils comportementaux en tous genres sont constamment élaborés à la maison pour l’aider !- et il assimile les petites règles de savoir-vivre qui y sont si joliment dispensées. Ainsi, hier, alors qu’il fêtait ses 11 ans avec ses copains, il a reçu trois cadeaux qu’il avait déjà. Nous avons été très fiers de lui car il n’a ni pleuré, ni montré sa déception, ni fait aucune remarque désobligeante à ses copains ou à leurs parents. Nous devons ce bel exemple de comportement socialement adaptée à la lecture Zoé n’est pas polie.
Tout est bon pour enrichir le répertoire social de Matthieu : cette série de livres fait partie de notre arsenal. Matt est trop grand pour s’y plonger seul mais Agathe nous fournit une occasion en or de les lui mettre sous le nez !

7 novembre 2012

Imagine dans les nuages...

Nous venons de passer quelques jours à Bruxelles où nous avons visité le très poétique musée Magritte. J’ai acheté aux enfants, à la boutique du musée, deux exemplaires du livre d’activités de Cécile Gabriel Imagine dans les nuages (Mila éditions, 2010).


Le principe du livre est simple : il s’agit de dessiner, sur des photos de nuages, les contours des images que ces nuages nous suggèrent.
En comparant les dessins de Matthieu et d’Agathe, il est amusant de constater à quel point cet exercice est subjectif. A ce petit jeu, Matthieu est plus doué qu’Agathe qui oublie un peu trop rapidement les nuages pour plaquer à son aise le dessin qui lui plaît. Avant de s’écrier (par exemple) « Ah ! Je sais ! C’est un lièvre qui court ! », Matthieu touche longuement les nuages de la photographie, comme si cette approche kinesthésique l’aidait à réfléchir.

Je conseille vivement ce livre d’activités, une adaptation de cet ancestral jeu oral qui consiste à associer des animaux ou des objets aux nuages que le vent pousse dans le ciel. Nous avons tous, un jour ou l’autre, « interprété » les nuages. Matthieu, Agathe et moi l’avons encore fait hier, dans la voiture, un peu avant le coucher du soleil. Le livret permet de fixer des images a priori éphémères.
 A l’occasion, je demanderai aux enfants de photographier le ciel et nous referons cette activité ludique et créative à partir de leurs propres photographies.

8 octobre 2012

Matthieu et Tim Burton


La semaine passée, dans le cadre du rallye lecture, Matthieu a dû lire le fameux Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl.
Il a bel et bien lu le livre (deux fois en une semaine !) mais il a aussi regardé l’adaptation qu’en a faite Tim Burton. Je n’ai pas regardé tout le film avec lui mais les quelques images que j’en ai vues m’ont dérangée. Je les ai trouvées glaçantes. Disons-le, je n’ai pas du tout aimé…contrairement à Matthieu. Si je n’ai pas été surprise par le fait que le visage lisse et un peu figé de Willy Wonka lui ait plu, je n’en reviens toujours pas qu’il n’ait pas pris ses jambes à son cou en découvrant des poupées/automates ou de vieilles personnes couvertes de rides. Nous avons consulté le site officiel de TimBurton. Matthieu a naturellement été séduit par les dessins des chiffres qui apparaissent sur la page d’accueil (il fait depuis toujours des dessins du même genre –en beaucoup plus simple, il va sans dire !).
On s’en doute, je n’ai pas été longue à saisir la perche que me tendaient certains articles que j’avais pu lire sur le supposé autisme de Tim Burton. Je ne sais pas ce qu’il en est vraiment mais le fait est que Matthieu est attiré par l’univers du cinéaste.

En parlant d’affinité de pensées entre personnes autistes, je suis chaque jour troublée de constater qu’une de mes élèves avec autisme réagit exactement comme Matthieu à certains mots ou à de menus évènements. Ainsi, comme Matthieu, elle déteste qu’on plaigne une personne en disant « la pauvre ». Comme lui –et sur le même ton !- elle me demande, après s’être comportée de manière inappropriée : « Dis, pourquoi j’ai fait ci ? », « Dis, pourquoi, j’ai fait ça ? ». Les similitudes de leur fonctionnement sont beaucoup plus fines que ne le laissent supposer les critères diagnostiques.

Juste quelques mots pour conclure (de manière hors sujet !) en donnant quelques nouvelles de Matthieu : la petite fille dont il était amoureux est revenue dans son école. Il est enchanté et me réclame du gel dans les cheveux tous les matins. La loi capillaire des sexes dont je parle dans mon livre existe toujours, même si elle a évolué. Une queue de cheval pour les filles, du gel pour les garçons : telle est la recette de la séduction. Je n’en dirai pas plus car Matthieu grandit et je n’ai pas à raconter ses pensées intimes sur mon blog…

J'allais oublier : Matthieu a décroché un 18,78 au rallye-lecture pour Charlie et la chocolaterie, autant dire une de ses meilleures notes en 3 ans (pour un livre de 195 pages, de surcroît...) !

26 septembre 2012

"Le journal d'un chat assassin", une gageure...


La rentrée est arrivée et avec elle, le fameux rallye lecture est revenu. Cette semaine, nous avons dû lire et décortiquer un livre particulièrement ardu pour un enfant avec autisme. Il s’agit du Journal d’un chat assassin d’Anne Fine, paru en 2005 aux éditions « L’école des loisirs ».
En élaborant les questions du QCM que je concocte chaque semaine à Matthieu pour l’entraîner, je connaissais à l’avance toutes les erreurs qu’il allait commettre. De fait, il est tombé dans tous les pièges que le livre (relayé par mes questions) lui tendait. L’intrigue de cet ouvrage pour la jeunesse repose très largement sur l’ironie et les fausses croyances.  Après 3 lectures, Matthieu n’y comprenait toujours rien –contrairement à Agathe qui reste toujours avec nous quand nous travaillons le rallye. J’ai dû mimer, analyser le verbe « croire » sous toutes les coutures, changer de point de vue à chaque explication… Je ne saurai que demain, au moment du verdict de la note et du classement, si ce travail de longue haleine a payé.
Thierry a fait une remarque ironique à Matthieu suite à notre travail sur le livre, en prenant bien garde de ne pas lui montrer qu’il le testait : « Dis-donc Matthieu, ta chambre est drôlement bien rangée ! » « Tu blagues, papa ! » a répondu Matthieu en contemplant l’habituel –hélas !- désordre de sa chambre. Cette réponse laisse à penser que Matthieu commence à comprendre l’ironie. C’est d’autant plus encourageant qu’il repère aussi de mieux en mieux les expressions imagées. Reste à savoir s’il est capable de s’y retrouver dès lors que les personnages d’une histoire sont aux prises avec de fausses croyances. C’est loin d’être gagné, à mon avis. Mais je ne désespère pas ! Nous continuerons à travailler tout cela livre après livre.

A la lecture de cet ouvrage, Matthieu a été très contrarié par le fait que le chat était, au fond, plutôt méchant. Qu’un héros ne soit pas gentil le dépasse complètement. Il a versé quelques larmes et a fini par se soulager en rédigeant l’un de ces petits papiers dont j’ai parlé dans un précédent article. Il a aussi fallu que nous estimions tout de manière chiffrée en appliquant les modalités exigées par Matthieu (l’usage des pourcentages ici) : la longueur du livre  a été fixée à 40%, sa difficulté à 60%. Ce système étrange permet de dédramatiser une éventuelle mauvaise note au rallye.
J’ai aussi expliqué à Matthieu ce qu’est un antihéros. Il n’a pas relevé mais je suis prête à parier qu’il m’en parlera demain. 

Je conseille le Journal d’un chat assassin aux parents désireux de faire progresser leur enfant avec autisme sur les questions du second degré et de la théorie de l’esprit. Il est vite lu, plutôt amusant et représente un véritable défi ! 

14 août 2012

Phaenomen


Phaenomen est un roman en trois tomes d’Erik L’Homme paru aux éditions Gallimard jeunesse (puis Folio Junior).
Il s’agit d’un roman d’aventure à suspense pour adolescents qui prend assez rapidement une tournure fantastique. Les héros en sont quatre jeunes gens si « extraordinaires » que leurs parents ont décidé de les confier à une clinique psychiatrique suisse accueillant des « cas désespérés ». Violaine, la meneuse de la bande, déteste qu’on la touche, Claire présente des troubles de l’équilibre et des difficultés motrices, Nicolas supporte difficilement la lumière du jour et Arthur a des traits autistiques marqués. Au cours de l’épopée rocambolesque qui les entraîne à travers le monde sur les traces de leur médecin qui a été enlevé puis sur les pas des Templiers, les héros découvrent que leur handicap peut devenir leur force. C’est au fond le principal enseignement du livre même si cette force revêt un caractère surnaturel et fantastique chez Violaine, Claire et Nicolas. Le talent exceptionnel d’Arthur, en revanche, n’est pas complètement surréaliste puisqu’il s’agit d’une mémoire hors-norme, telle qu’en possèdent certaines rares personnes avec un autisme de très haut niveau. Au total, c’est Arthur le héros le moins original de l’histoire… La vision par le détail et les troubles sensoriels d’Arthur sont bien décrits de même que ses centres d’intérêt restreints. Ce qui concerne les interactions sociales colle moins bien avec les caractéristiques de l’autisme mais l’ambition première de l’auteur n’était assurément pas de traiter ce sujet.

C’est la documentaliste de mon collège qui m’a invitée à lire ce roman. Elle a mis en avant les trois tomes de l’ouvrage au CDI à côté d’une exposition que j’ai conçue afin de sensibiliser les jeunes de mon établissement à l’autisme. Au-delà du fantastique, la trilogie montre que la différence peut être source de richesse. Elle montre aussi combien il est crucial pour chacun de savoir qui il est afin de trouver sa place dans le monde.

J’ai beaucoup aimé la construction du roman dont les chapitres sont forgés à partir de mots latins ; les personnages ouvrent à tour de rôle ces chapitres en nous livrant leurs réflexions, souvenirs et mondes intérieurs. J'ai aussi été sensible à l'allusion faite à Antoine de Ville -les membres de la famille qui lisent le blog comprendront ! J’ai moins aimé les tueurs embusqués à chaque phase importante du récit, mais leur présence est liée au genre (un thriller) qui ne correspond a priori pas à mon champ de prédilection. 

11 juin 2012

Matthieu, Toto, Adèle et la Théorie de l'Esprit

Le concept de "Théorie de l'Esprit" (la capacité à comprendre nos propres pensées, à interpréter celles des autres, à anticiper leurs réactions et détecter leurs intentions) est maintenant bien connu des personnes qui s'intéressent à l'autisme. Grâce aux travaux de Baron-Cohen, on sait que cette capacité est déficitaire chez les personnes avec autisme, ce qui les met en grande difficulté socialement (leur incapacité à tromper ou à comprendre la tromperie, par exemple, est à mettre en relation avec leur défaut de théorie de l'esprit). Tout cela est rappelé de manière très claire dans Apprendre aux enfants autistes à comprendre la pensée des autres, de Patricia Howlin, Simon Baron-Cohen et Julie Hadwin, paru chez De Boeck en 2010 pour la traduction en Français. Les auteurs y reprennent la fameuse expérience  de "Sally et Anne" qui illustre bien à quel point une personne avec autisme est en difficulté dès lors qu'il s'agit de repérer et comprendre une fausse croyance, alors qu'un enfant neurotypique de 4 ans y parvient. Notons que dans cet ouvrage, les auteurs remplacent l'expression "théorie de l'esprit" par "lecture de l'esprit".



Bien que Matthieu ait un relativement haut niveau de fonctionnement et bien qu'il nous épate jour après jour par ses progrès, il est clairement déficitaire en ce qui concerne la "lecture de l'esprit".
J'en ai eu deux exemples récents aux travers de ses lectures.
Matthieu adore les albums de la collection "Les blagues de Toto" de Thierry Coppé. Mais il ne comprend pas pourquoi les personnages ont toujours l'air consterné en entendant les réflexions de Toto. Et pour cause: à bien des égards, il voit les choses sous le même angle que Toto.
La blague "Il faut battre le frère" dans L'élève dépasse le mètre est particulièrement édifiante à cet égard. Toto s'énerve et traite l'un de ses camarades de menteur car il lui a dit qu'il avait un seul frère. Or la soeur du garçon lui a dit avoir deux frères, ce qui est logique et tout à fait exact de son point de vue à elle. Mais Toto est incapable de se décentrer et de changer de point de vue d'où son incompréhension et son sentiment d'avoir été floué par un menteur. Matthieu ne comprend absolument pas ce gag. Pour lui, le désarroi de Toto est légitime et il est très difficile de lui expliquer le changement de perspective qui s'opère dans la blague.




















Un autre exemple. Matthieu et Agathe ont une belle petite collection des "Drôles de petites bêtes" d'Antoon Krings (Gallimard Jeunesse).  Adèle la sauterelle, dans l'opus qui lui est consacré, est particulièrement étourdie. Elle échange deux lettres, si bien qu'il devient difficile de suivre qui parmi les personnages de l'histoire reçoit quoi à la place de qui et qui est au courant de quoi. Alors que je questionnais les enfants sur ce dernier point, Agathe a donné la bonne réponse sans la moindre hésitation tandis que Matthieu tombait dans le piège que je lui tendais : il a répondu ce qu'il savait lui et non ce que savaient les personnages. L'illustration parfaite de Sally et Anne.
Bref, il y a un gros travail à faire avec lui sur ces questions de changement de point de vue. Je m'y attellerai cet été.


Encore un mot, pour finir, sur Apprendre aux enfants autistes à comprendre la pensée des autres. Cet ouvrage est un guide pratique très concret, abondamment illustré, destiné -en 5 niveaux à chaque fois- à faire travailler à des enfants avec autisme la compréhension des émotions, celle de "l'état informationnel" et le jeu de faire semblant. Matthieu est déjà bien au-delà du cinquième niveau concernant le faire semblant mais le guide pourrait m'être précieux pour tout ce qui a trait à la compréhension des fausses croyances.

11 octobre 2010

Le bizarre incident du chien pendant la nuit.


Oui, oui, je sais... Il est incroyable que je n'aie pas lu plus tôt ce roman de Mark Haddon plébiscité dans le monde entier (version française chez Pocket Jeunesse, 2005). Bien sûr, j'ai été emballée, émue, amusée. Bien sûr, dans la logique à la fois implacable et désarmante de Christopher Boone, j'ai reconnu beaucoup des traits de la personnalité de Matthieu. Tout y est, de l'hypersensiblité auditive, à la vision par le détail en passant par les petits smileys décodeurs d'expressions/émotions.

Je ne peux qu'en recommander la lecture !

12 septembre 2010

Les contes musicaux de Marlène Jobert


Pour occuper les enfants durant les longs trajets en direction de Italie ou de chez leurs grands-parents, j'avais cet été emprunté à la médiathèque des contes musicaux écrits et racontés par Marlène Jobert. Je regrette de ne pas avoir exploité cette série d'histoires, pourtant très connue, quand Matthieu avait l'âge de sa soeur (je ne connaissais alors que "Câlinous de loups" que Matthieu aimait beaucoup). Les contes de Marlène Jobert sont très jolis, je trouve... C'est par exemple avec beaucoup de plaisir que Thierry et moi avons écouté L'arbre qui pleure (sur la Petite musique de nuit de Mozart). Marlène Jobert est très, très expressive dans sa diction. Les émotions passent merveilleusement bien dans sa voix et Matthieu y est sensible. A l'époque où nous exagérions toutes nos phrases, où nous théâtralisions nos faits et gestes pour aider Matthieu à en comprendre le sens, Marlène Jobert aurait été un relais bienvenu !
Je conseille donc ses contes musicaux à ceux qui ne les connaîtraient déjà...

30 juillet 2010

Un menu digne du géant de Zéralda !







En début d'année scolaire, Matthieu a étudié un livre de Tomi Ungerer intitulé Le géant de Zéralda (1970, réédition 1982, L'école des loisirs). Comme il est très important que Matthieu arrive à créer des liens entre les activités, les notions apprises, etc..., j'ai rédigé le menu du baptême d'Agathe (cf. article précédent) de manière un peu ronflante afin d'imiter les menus présentés dans l'ouvrage. Matthieu a immédiatement adhéré et a soigneusement copié le menu du grand jour.



J'ai aimé le voir si impliqué -et appliqué !-, surtout après l'immense traversée du désert qui avait été la nôtre durant les semaines précédentes.

20 juin 2010

"La Préférée" (Sylvaine Jaoui)


La préférée est un livre de Sylvaine Jaoui paru en mai 2010 chez Casterman junior.
Il y est question d'Emma, qui se sent délaissée dans une famille où l'autisme de sa petite soeur, Aliénor, est au centre des préoccupations des adultes, de sa maman en particulier. L'histoire, d'une grande justesse et d'une grande sensibilité, invite à se poser la question de la place de la fratrie dans une famille touchée par le handicap de l'un de ses enfants.
Et c'est une question que je n'ai pas fini de me poser au sujet d'Agathe, ainsi que je l'ai laissé entrevoir dans l'un de mes précédents messages...

15 juin 2010

Des "Tiroirs secrets" aux "cadres qui nous ressemblent"




Il y a trois semaines, je suis tombée par hasard à la médiathèque sur un bel album de Xabi M. et Olivier Thiébaut intitulé Tiroirs secrets et publié aux éditions Sarbacane. Ce livre est destiné à la jeunesse mais il s'agit typiquement d'un ouvrage pour lequel les mamans, surtout, sont susceptibles de craquer... De fait, j'ai été enchantée par ces tiroirs ("Tiroir du pêcheur", "Tiroir de l'exilé", "Tiroir du soldat", etc..) tout droit sortis du début du XXème siècle et supposés contenir les émouvantes traces de diverses destinées.
Ce livre pouvait paraître bien difficile pour Matthieu mais j'étais tellement enthousiaste qu'il a fini par accrocher. A la fin de l'album, les auteurs ont photographié un vieux tiroir vide en suggérant aux lecteurs d'y amasser des objets leur ressemblant.
J'ai alors proposé aux enfants de bricoler des cadres contenant de petits objets représentatifs de leurs centres d'intérêts. Et bien sûr, je n'ai pas pu résister à la tentation de me fabriquer mon petit cadre à moi.
Nous avons utilisé des cadres carrés, profonds, conçus pour accueillir des objets en trois dimensions, dénichés chez Ikéa. Vieux jouets, dessins, autocollants, surprises "Kinder" ont servi aux enfants à façonner des cadres à leur image. La société de consommation étant passée par là, les résultats obtenus sont dépourvus du charme désuet des tiroirs du livre, mais les cadres des enfants témoignent vraiment de ce qu'ils aiment : la couleur bleue, les cochons, les Barbapapas, les fraises et les carottes pour Agathe ; les "Monsieur Madame", les jeux, le golf, les bricolages, les bébés, les insectes et dinosaures pour Matthieu, qui n'a pas oublié de placer dans son cadre un kaléidoscope et une longue vue...
Comme l'activité était clairement balisée (" remplir le cadre avec des objets représentant ce que tu aimes "), Matthieu a pu véritablement créer un objet. Je suis très fière des œuvres de mes enfants !

22 janvier 2010

"Haïku, le géant des saisons" par Arnaud Hug


Encore un livre déniché par hasard à la bibliothèque ! J'ai déjà écrit un long message où j'exprimais mon admiration pour l'art poétique japonais du Haïku. Autant dire que quand Matthieu m'a présenté le grand livre d'Arnaud Hug, Haïku, le géant des saisons, paru en 2008 chez Alice Jeunesse, j'ai appuyé son choix avec enthousiasme...
Matthieu et moi avons dévoré ensemble ce magnifique conte relatant le réveil des saisons grâce aux haïkus du grand-père de la petite Lena. Le lien entre haïkus et mémoire, qui explique mon attrait pour cette poésie "photographique", est évoqué avec subtilité dans le récit. Matthieu a voulu en savoir plus sur ces petits poèmes et je lui ai montré mon petit carnet. Il a souhaité inventer un haïku :

Ce matin, il gèle.
Myriam s'occupe bien
De Matthieu.
La palette lexicale du haïku est très riche et plutôt concrète. Ce genre littéraire pourrait être réellement parlant pour Matthieu, dont la tournure d'esprit comprend si mal ce qui est trop imagé. La précision du vocabulaire ne lui fait pas défaut et sa vision par le détail pourrait très bien s'accommoder de la minutie avec laquelle les haïkus saisissent l'instant. Certes, les émotions subtiles que traduisent les "vrais" haïkus ne seront peut-être jamais décodées par Matthieu, mais j'aime l'idée que cette culture fasse partie de sa vie, même sous une forme "primaire". N'oublions jamais que c'est aussi par la culture que l'intégration est possible.

Nous sommes le 30 janvier. Je suis rentrée hier de Suresnes où j'ai passé une semaine pour terminer ma formation sur la scolarisation des élèves autistes. Avant de partir, j'avais donné un petit "carnet à haïkus" à Matthieu, qui l'avait rangé dans sa table de nuit. Il y a écrit ce qu'il appelle un"haïku". Il s'agit en fait de petites phrases racontant les moments forts d'une journée qui l'a particulièrement marqué. On est loin de la poésie japonaise mais quelle merveille de lire l'amorce d'un récit sous la plume de Matthieu !
Demain, je lui proposerai de glisser son carnet dans la valise qu'il emmènera en classe verte. Avec un peu de chance, il y consignera chaque soir une ou deux phrases pour ses parents !

15 janvier 2010

Le "Dico Smiley" et la "varicelle d'expressions".




Depuis quelques semaines, le Dico Smiley (Les livres du dragon d'or) est devenu le livre de chevet de Matthieu. Il s'y plonge avec délectation tous les soirs pour comprendre les nuances de gammes d'émotions qu'il a, globalement, appris à décoder il y a des mois maintenant.
Il m'interroge en particulier sur les expressions du type "être mort de rire", "être fou de joie", "pleurer de bonheur" ou encore "être malade d'amour"... autant d'images, souvent paradoxales, très difficiles à concevoir pour lui.
Nous nous collons des gommettes "smiley" sur la figure et nous jouons -sur une idée de Matthieu !- à avoir une "varicelle d'expressions".

Depuis la maternelle, Matthieu est habitué à voir fleurir de petites bouilles souriantes sur ses exercices réussis. Lorsqu'il fait ses devoirs, il orne lui-même ses brouillons de petits "émoticônes". En ce moment, Matthieu est un peu vexé que son copain Nicolas ait perdu plus de dents que lui; ses émoticônes montrent donc des bouches plus ou moins édentées. Ce petit jeu fait que son impatience de perdre une nouvelle dent semble l'emporter sur sa peur archaïque de morcellement.
Sur le brouillon reproduit ci-dessus, je dialogue avec Matthieu par smiley interposés. Nous nous amusons parfois à improviser des sortes de BD à deux voix qui aident Matthieu à dédramatiser bien des choses.

Notons que si le brouillon ci-dessus est typique de nos petits dessins à Matthieu et à moi, il n'est pas représentatif du partage des tâches à la maison. C'est en effet presque toujours avec son papa que Matthieu fait ses devoirs...

Dernière remarque à l'adresse de ceux qui seraient tentés d'investir dans le Dico smiley : seule la partie "émotions" (soit 1/5ème du livre seulement) est exploitable. Tout le reste est tiré par les cheveux, pour ne pas dire franchement stupide... Mais il ne faut pas hésiter à faire feu de tout bois !

16 décembre 2009

Papa m'a dit que son meilleur ami était un homme-grenouille d'Alain Le Saux


Papa m'a dit que son meilleur ami était un homme-grenouille (éditions Rivage, 1987, réed. 2008) est un livre fort amusant où Alain Le Saux met en scène des expressions imagées de la langue française (dévorer un livre, posséder plusieurs langues, être attaché à quelqu'un...).
Comme beaucoup d'autistes, Matthieu a quelques difficultés à aller au-delà du premier degré et du sens littéral de ce qu'il lit ou entend pour la première fois. Mais comme il est intelligent et qu'il est doté d'une bonne mémoire, il peut comprendre et assimiler rapidement le type d'expressions courantes imagées passées en revue par Alain Le Saux. Quand nous regardons le livre tous les deux, il répète l'explication que je lui donne dans le but évident d'en retenir le sens. Par exemple, si je lui explique ce que signifie "être plongeur dans un restaurant", je l'entends qui répète à mi-voix "faire la vaisselle".
Les illustrations d'Alain Le Saux traduisent graphiquement le sens littéral des expressions choisies (cf. couverture du livre ci-dessus), révélant leur côté absurde et par-là même la nécessité de leur attribuer un autre sens. Grâce à son orthophoniste, Matthieu avait assez rapidement accédé à la polysémie d'un mot quand il avait commencé à parler. Je pense que cette compétence l'aide à comprendre et à accepter l'idée qu'une expression puisse avoir une signification autre que celle qui pourrait s'imposer de prime abord.
Et nous constatons avec plaisir qu'il est capable d'utiliser des expressions imagées (pas toujours très élégantes, il est vrai) à bon escient avec un certain amusement : "Maman, tu t'es pris une gamelle!" m'a-t-il dit l'autre jour...

2 novembre 2009

Les yeux des pommes de terre


Les yeux des pommes de terre est un récit plein de poésie et d'imagination écrit dans les années vingt par Opal Whiteley, une petit américaine de 6 ans. Les "éditions Mouck" ont publié une traduction de cette histoire qui a enchanté Matthieu.

Contes et histoires "pour penser à l'endroit"


Je viens de faire découvrir à Matthieu deux livres des "éditions pour penser à l'endroit" : Et toi, à quoi rêves-tu ? ainsi que La petite Terre. J'ai craqué pour les illustrations d'Aline de Pétigny.

Ces livres font réfléchir à soi et aux autres. Les "histoires pour penser" abordent des thèmes universaux comme le bonheur, la mort, l'amour, le respect de la planète ou encore cette confiance en soi si dure à acquérir pour Matthieu.

27 septembre 2009

"La bouche pleine"

C'est le titre d'un livre de Bernard Friot paru aux éditions Milan en 2008.

J'ai raconté dans mon témoignage combien Matthieu semblait se délecter de certains mots. Grâce à ce recueil de "poèmes pressés", Matt peut se gaver de mots appétissants et mousseux jusqu'à l'indigestion ! Il ne comprend sans doute pas la plupart des jeux de mots (le livre est destiné aux enfants à partir de 10-11 ans seulement) mais il est sensible à la musicalité des poèmes que nous lisons ensemble à haute voix.

A consommer sans modération !

15 mai 2009

Mon univers...


Nous avons emprunté à la bibliothèque un livre de Sophie Curtil intitulé Joaquime Torrès-Garcia, composition universelle ( collection "Art en jeu" des éditions du Centre Pompidou, 1998). Le tableau intitulé Composition universelle y est décomposé et sa trame est reproduite à la fin du livre afin que les enfants puissent tenter d'élaborer leur propre composition. Matt et moi nous y sommes essayés. Le résultat, où l'on retrouve ses chers chiffres, lettres et M. Madame, est reproduit ci-dessus. Matt a eu par ailleurs beaucoup de mal à se détacher des objets qui étaient autour de lui pendant l'activité. Mais nous avons passé un très bon moment. Comme j'ai moi aussi dessiné mon univers, cela a été l'occasion de discuter et d'échanger nos idées.

"Hou ! hou ! Simon !"

Je viens de commander chez "Hop'toys" un petit livre pour enfants de la collection "Au coeur des différences" intitulé Hou ! hou ! Simon ! Le déficit d'attention, de Brigitte Marleau (Québec, Boomerang éditeur jeunesse, 2007).
Je pensais y lire le portrait d'un petit hyperactif mais j'ai surtout reconnu là un petit "Matthieu". Les situations quotidiennes de la maison et de l'école décrites dans le livre pourraient être les nôtres. La maman de Simon, relayée par la maîtresse, use des mêmes stratagèmes que nous pour aider Matt (mes "règlements" appelés ici "consignes").
A la fin de l'histoire, un enseignant spécialisé vient aider Simon dans sa classe. Grâce à ce passage, je vais pouvoir préparer Matt à la venue -non encore acquise hélas- de son AVS à la rentrée.
Tous les handicaps sont abordés dans cette collection canadienne pour enfants. Je la conseille vivement.